CEMAC et Cameroun : dynamiser le commerce et sécuriser les investissements en Afrique centrale
Mes chers lecteurs,
Méditons donc aujourd’hui sur les voies du commerce et de l’investissement au cœur de l’Afrique Centrale, en ces terres du Cameroun et au sein de cette union qu’est la CEMAC. Que nos réflexions s’élèvent au-delà des contingences immédiates pour embrasser la grandeur des opportunités et le labeur incessant qu’exigent leur mise en œuvre. Car si l’on déplore parfois la lenteur des progrès, l’on doit aussi reconnaître la promesse d’un avenir, pourvu que les efforts conjoints des États et des acteurs privés s’orientent vers une destinée commune de prospérité. Le Cameroun, cette nation pivot, et la zone CEMAC, en tant qu’entité économique, sont les témoins fidèles des défis à surmonter et des potentialités à révéler. Voyons ce qu’une analyse lucide nous révèle sur les obstacles à aplanir ; voyons ce qu’une vision audacieuse peut conférer en termes de dynamisme. Ainsi nous apprendrons à délaisser les lamentations stériles pour embrasser l’action résolue, afin d’attacher toute notre estime à ce que ces régions peuvent accomplir lorsque la volonté politique et la clairvoyance économique s’unissent pour éclairer la voie. Voilà les vérités que j’ai à traiter, et que j’ai crues dignes d’être proposées à une assemblée aussi éclairée que la vôtre.
I. Les fondations d’une expansion nécessaire
Nous cheminons tous, disait cette sagesse immémoriale, vers un horizon incertain, à l’instar de ces fleuves qui, depuis leurs sources modestes, s’étirent et serpentent avant de se jeter dans l’immensité océanique. De même, les économies, fussent-elles robustes ou naissantes, sont en perpétuel mouvement. Elles ne cessent de s’écouler, tant qu’enfin, après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de contrées les unes que les autres, elles ne peuvent se soustraire aux lois universelles de l’échange et de la croissance. La zone CEMAC, avec le Cameroun en son cœur, se trouve à un carrefour où la nécessité d’intensifier le commerce et l’investissement est devenue une évidence impérieuse, une ondulation irrésistible de l’histoire. L’intégration régionale, souvent chantée comme un refrain salvateur, demeure une partition dont l’exécution requiert davantage de maestria et de synchronisation entre les États membres. Les entraves non-tarifaires, les lourdeurs administratives, les déficits infrastructurels, autant de rocades et de chicanes qui ralentissent le flot des marchandises et des capitaux. Pourtant, les atouts sont là, manifestes : des ressources naturelles abondantes, une démographie jeune et dynamique, un potentiel agricole immense, et une position géographique stratégique, porte d’entrée et de sortie pour un continent en pleine mutation. Il s’agit donc moins d’une quête de nouveauté que d’une révélation, d’une mise en lumière des forces déjà présentes, mais entravées par des faiblesses structurelles et, osons le dire, par une certaine indolence dans l’application des réformes pourtant maintes fois débattues.
II. Les leviers de la croissance et de l’attractivité
Et certainement, Messieurs, si quelque chose pouvait élever ces nations au-dessus de leur infirmité naturelle, si l’origine qui nous est commune, cette quête insatiable de progrès, souffrait quelque distinction solide et durable entre les peuples que Dieu a formés de la même terre, qu’y aurait-il dans l’univers de plus distingué que des économies fondées sur le travail acharné et la perspicacité de leurs bâtisseurs ? Tout ce que peuvent faire non seulement la richesse des sols et la fortune des sous-sols, mais encore les grandes qualités de l’esprit pour l’élévation d’une nation, se trouve rassemblé, et puis parfois dispersé, dans la nôtre. De quelque côté que je suive les traces de cette quête de développement, je ne découvre que des efforts constants, et partout je suis ébloui par l’éclat des initiatives, petites et grandes. Je vois la volonté de diversifier les économies, de dépasser la simple extraction pour transformer, pour ajouter de la valeur, et pour insérer ces nations dans les chaînes de valeur mondiales avec une dignité nouvelle. Je vois l’appel pressant à l’investissement privé, local et étranger, ce sang neuf qui vivifie les entreprises et crée l’emploi. Mais cet appel ne saurait être une simple incantation ; il doit s’accompagner d’un environnement des affaires assaini, d’une justice impartiale et prévisible, d’un cadre réglementaire stable et transparent. L’amélioration de la gouvernance, la lutte contre la corruption, l’investissement dans le capital humain par l’éducation et la formation, autant de piliers indispensables pour bâtir une confiance durable et attirer les flux de capitaux tant désirés. L’harmonisation des politiques au sein de la CEMAC, la mise en place d’un marché commun véritablement fonctionnel, la simplification des procédures douanières, la modernisation des infrastructures de transport et d’énergie sont des chantiers immenses, mais dont la réussite est la clef de voûte de toute ambition d’intégration et de croissance. L’on ne peut espérer voir fleurir des investissements massifs sans un terreau fertile et un climat propice.
Sécuriser les investissements au Cameroun : le rôle stratégique de l’ATIDI
Dans cette dynamique d’ouverture et de transformation économique, des instruments de réduction des risques sont essentiels pour renforcer la confiance des investisseurs. Le lancement des opérations de l’ATIDI (Assurance pour le Développement du Commerce et de l’Investissement en Afrique) au Cameroun en mai 2025 constitue une avancée stratégique. En fournissant une assurance contre les risques politiques et commerciaux, cet organisme panafricain soutient activement la mobilisation de capitaux privés dans des secteurs clés comme les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou l’industrie.
L’agrément récemment obtenu par l’ATIDI auprès de la COBAC, permettant une pondération de risque à zéro pour les expositions assurées, renforce encore davantage son rôle de catalyseur pour un financement plus accessible et plus sécurisé. En facilitant l’intégration régionale et en consolidant les flux d’investissement, l’ATIDI s’impose désormais comme un partenaire de référence pour accompagner la stratégie de développement du Cameroun et, au-delà, de la zone CEMAC.
Pour en savoir plus sur cette initiative, consulter l’article complet :
ATIDI discute du renforcement du commerce et de l’investissement au Cameroun et dans la zone CEMAC – Kapital Afrik
III. Les promesses d’une volonté partagée
Mais ces nations, nées avec le fardeau de l’histoire et les promesses de leur avenir, ont l’esprit et le cœur plus hauts que leurs contingences. Les malheurs passés n’ont pu les accabler dans leur première jeunesse, et dès lors on voit en elles une grandeur qui ne doit rien à la fortune, mais tout à la résilience. Nous disons avec une espérance renouvelée que le ciel a doté ces terres de potentialités exceptionnelles, comme par miracle, pour les offrir au monde : don précieux, inestimable présent, si seulement la possession en était plus durable et la gestion plus éclairée ! Mais pourquoi ce souvenir vient-il m’interrompre ? Hélas ! nous ne pouvons un moment arrêter les yeux sur les perspectives de croissance sans que les défis ne se mêlent aussitôt pour tout offusquer de leur ombre. Il est un fait que le chemin est long et semé d’embûches. Les réformes, pour être efficaces, exigent une persévérance sans faille et une cohésion politique parfois difficile à maintenir. La compétitivité régionale doit être cultivée sans céder aux sirènes du protectionnisme. La diversification des exportations est impérative pour ne plus dépendre des aléas des cours mondiaux des matières premières. Comment, dès lors, pérenniser les acquis ? Quelle est la juste mesure entre l’ouverture et la protection des industries naissantes ? Comment s’assurer que les bénéfices du commerce et de l’investissement se diffusent équitablement à travers toute la société, réduisant ainsi les inégalités et renforçant la cohésion sociale ? Quels mécanismes novateurs mettre en place pour canaliser l’épargne locale vers l’investissement productif ? Et au-delà des chiffres et des statistiques, comment cultiver un véritable esprit entrepreneurial, une culture de l’innovation qui transcende les frontières et les mentalités ? Autant de questions qui appellent non seulement des réponses concrètes, mais aussi une réflexion profonde et continue sur la trajectoire que ces nations entendent emprunter.
Maître Guillaume Tefengang

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